Programme Environnement & Développement

Projet TAPIA | Préservation de la forêt de tapia, soie sauvage & apiculture à Madagascar

Restaurer l’écosystème à travers le reboisement du tapia, arbre endémique sévèrement impacté par les actions de l’homme.

Projet TAPIA | Préservation de la forêt de tapia, soie sauvage & apiculture à Madagascar

Contexte

A Madagascar, la région Itasy dispose d’une superficie de 7 000 km² dont seulement moins de 3% serait aujourd’hui couverte par des boisements. La forêt de tapia (arbre endémique), qui fait partie des écosystèmes remarquables de la Grande Île, y joue un rôle écologique clé :  préservation des sources d’eau, stabilisation des bassins versants, protection des sols contre l’érosion et maintien de leur fertilité, et biodiversité abondante. Elle fournit des ressources dont dépendent fortement les communautés locales. En particulier, une espèce de ver à soie sauvage endémique, le landibe, se nourrit essentiellement des feuilles de tapia, cet arbre constituant ainsi son principal habitat. Le landibe forme des cocons de soie sauvage qui sont traditionnellement utilisés pour la confection d’articles d’artisanat textile (vêtements, foulards, linceuls, habits de fête, etc.).

 

La population cible du projet est constituée essentiellement des membres de plusieurs VOI (vondron’olona ifotony en malgache, littéralement « organisations communautaires de base ») de la commune d’Arivonimamo II située dans le district d’Arivonimamo, en région Itasy. Ces VOI sont en charge de la gestion de la forêt de tapia.

L’État malgache leur a en effet transféré la gestion des ressources naturelles qu’elles exploitent (du fait du manque de moyens humains et matériels de l’administration forestière), dans le but de les responsabiliser et d’assurer la pérennité desdites ressources. Malheureusement, l’approche adoptée est limitée par le fait que les VOI manquent elles aussi de moyens pour gérer durablement ces forêts (moyens matériels, et rapport de force déséquilibré en faveur des personnes ou structures exploitant  ou voulant exploiter de manière non rationnelle les ressources gérées par les VOI).

 

La forêt de tapia est massivement déforestée et surexploitée.

Les pressions subies incluent d’une part la collecte excessive de nymphes de ver à soie (en particulier les nymphes femelles,  plus grosses, ce qui menace d’autant plus d’extinction l’espèce landibe) pour la vente et  l’autoconsommation, encouragées par la persistance d’un niveau de pauvreté important  localement.

On constate également un développement d’espèces envahissantes à l’intérieur des forêts de tapia et donc la colonisation de l’espace par le pin au détriment des tapia.

 

Par ailleurs, la zone manque aujourd’hui de bois de chauffe et de bois d’œuvre dans un contexte de croissance démographique corrélée à une extrême pauvreté (faible productivité de  l’agriculture et l’élevage en général, peu d’emplois alternatifs disponibles outre l’agriculture,  faible prix de vente des produits agricoles).

 

Dans la région Itasy, les modes de production et de consommation en bois énergie se traduisent par une exploitation croissante des ressources naturelles, affectant ainsi le climat, la diversité biologique, les équilibres naturels et la vie quotidienne des populations. Planète Urgence intervient pour la protection de la biodiversité et la lutte contre la pauvreté.

Objectif

Renforcer les capacités des organisations communautaires de base (VOI) responsables de la forêt de Tapia dans plusieurs communes de la région ITASY afin de protéger leur écosystème, d’améliorer leurs moyens d’existence et d’augmenter leur résilience.

Activités

Troix axes principaux : la restauration de l’écosystème forestier de tapia, le soutien au développement local notamment par des filières économiques (soie sauvage, apiculture, maraichage) et enfin la sensibilisation environnementale à la préservation de ces écosystèmes et au changement climatique.

 

Environnement Planète UrgenceRestauration des écosystèmes : plantation de plants de tapia, d’arbres à vocation bois-énergie (et mellifère) et d’arbres fruitiers

 

 

Développement économique Planète UrgenceDéveloppement économique local : appui à la croissance de la population de vers à soie sauvage landibe et promotion de l’apiculture

 

 

Sensibilisation à l'environnement Planète UrgenceSensibilisation : dans des écoles de la région, des ateliers d’échanges sont prévus comme leur équipement en jardins potagers, des spots radios

 

 

Appui gestion durable Planète UrgenceAppui à la gestion territoriale durable : concertation des membres des VOI et mise en place de schémas d’aménagement pour gérer durablement ces ressources naturelles (4 sites pilotes identifiés)

Impact attendu

Les tapia sont ainsi massivement coupés pour le bois de chauffe et la production de charbon de bois, celui-ci étant depuis plus de 25 ans le combustible principal des ménages de la capitale, dont l’un des bassins d’approvisionnement  est la région Itasy, frontalière d’Antananarivo. A cette situation s’ajoutent le défrichage au  profit de cultures vivrières et l’élimination progressive des tapia dans le but de faciliter  l’immatriculation foncière de parcelles.

 

La dégradation de cet écosystème accentue par ailleurs le risque d’érosion, celle-ci conduisant  à une baisse de la productivité des bas-fonds de cette zone fortement productrice de riz,  aliment principal des Malgaches, accentuant ainsi l’insécurité alimentaire. La perte de produits forestiers non ligneux sources de nourriture et de revenus pendant la période de soudure (saison de pluies avant la récolte) est un facteur supplémentaire de vulnérabilité des  communautés locales et de risque de problèmes sociaux associés. En particulier, la production à l’hectare de cocons de soie aurait ainsi été divisée par 10 en 10 ans (entre 2008 et 2017).  Actuellement, la disponibilité de cocons pour la production de soie sauvage est tellement  faible qu’on estime que dans la zone, seules 3 tisserandes continuent à travailler la soie  sauvage, les autres artisans ayant recours à d’autres matières (telles que le nylon).

 

Sans plantation de tapia, et même dans l’hypothèse où la pression (espèces envahissantes, prélèvements humains, feux de brousse) diminuerait ou disparaîtrait, la possibilité de couverture naturelle par le tapia existe encore mais à long terme (dizaines d’années). Or, la  pression actuelle pourrait faire perdre plus de moitié de la couverture forestière restante (et donc de la faune et flore spécifiques à la forêt de tapia) en une quinzaine d’années. De même, sans reforestation d’essences à vocation bois-énergie, la pression sur les forêts de tapia risque d’augmenter.

 

Dans ce contexte, le projet TAPIA consiste en premier lieu à restaurer, protéger et réduire durablement la pression humaine sur la forêt de tapia en augmentant le couvert forestier naturel par son reboisement.  Il vise également à assurer des revenus complémentaires aux communautés par le reboisement d’essences variées à vocation bois-énergie et mellifère, et le soutien à des activités génératrices de revenus par la production et la valorisation locales et durables de  produits forestiers non ligneux, ressources naturelles issues des écosystèmes restaurés et  préservés.

Partenaires institutionnels, techniques et financiers

Partenaires de mise en œuvre : Union des VOI (organisations communautaires de base)

ODD


Le projet TAPIA contribue, à son échelle, à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) suivants :

Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence

Résumé du projet

Madagascar, Itasy et Analamanga
Début du projet : 2013
3000000 arbres plantés
15.000 bénéficiaires directs
ODD

Le projet TAPIA contribue, à son échelle, à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) suivants :

Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence